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01-08-2007

Le pouvoir de transformation de la médecine intégrative
Une interview du Dr Andrew Weil Par David Jay Brown

 

Andrew Weil, MD, est un expert internationalement reconnu de la médecine intégrative qui combine les meilleurs traitements des médecines conventionnelle et alternative. L'étude des plantes médicinales, des interactions corps/esprit et de la médecine alternative à laquelle il a consacré toute sa vie a fait du Dr Weil l'un des experts les plus fiables au monde sur les traitements médicaux non conventionnels. Sa lecture raisonnable des perspectives médicales multidisciplinaires touche une corde sensible chez de nombreuses personnes. Ses derniers livres sont tous des New York Times best-sellers et il est apparu en couverture de Time Magazine à deux reprises en 1997 et à nouveau en 2005. USA Today dit « le Dr Weil a clairement touché un point médical sensible » et le New York Times Magazine dit « le Dr Weil est sans doute devenu le médecin le plus connu d'Amérique ».


Cette interview est un extrait du livre de David Jay Brown intitulé « Les francs-tireurs de la médecine » (Mavericks of Medicine) récemment publié par Smart Publications.
Crédit : Amy Haskell, Haskell Photography, Tucson, AZ.

Le Dr Weil a depuis longtemps le talent de mélanger le conventionnel et le non conventionnel. Il a reçu son diplôme de botanique à Harvard en 1964 et son MD de l'école médicale de Harvard en 1967. Après avoir terminé son internat à l'hôpital Zion à San Francisco, il a travaillé un an avec la National Institute of Mental Health (Institut national de santé mentale). Ensuite, de 1971 à 1975, comme membre de l'Institute of Current World Affairs (Institut des affaires mondiales actuelles), il a voyagé à travers l'Amérique centrale et l'Amérique du sud, collectant des informations et des spécimens pour ses recherches. Ces explorations - au cours desquelles il a non seulement étudié les plantes mais aussi les indigènes, leur médecine et leur pharmacologie -, ont eu une profonde incidence sur sa carrière médicale. Le Dr Weil s'intéresse depuis longtemps aux stades altérés de la conscience et à la façon dont l'esprit affecte la santé - même avant d'avoir commencé à étudier la médecine. Il a abondamment écrit sur cet intérêt et sa première expérience psychédélique a profondément influencé sa vision de la médecine. Le premier livre du Dr Weil, The Natural Mind (L'Esprit naturel), était une investigation sur les drogues et la conscience supérieure. À cause de cet intérêt pour les états altérés de la conscience, il a été très honoré de voir un champignon hallucinogène, découvert en 1995, dénommé d'après son nom - Psilocybe weili. Le Dr Weil est l'auteur (ou le coauteur) de dix ouvrages populaires incluant The Marriage of the Sun and Moon (Le Mariage du soleil et de la lune), Spontaneous Healing (Guérison spontanée), Eight Weeks to Optimum Health (Huit semaines jusqu'à une santé optimale), From Chocolate to Morphine, Health and Healing (Santé et guérison), Natural Health (La Santé naturelle), Natural Medicine (La Médecine naturelle) et Healthy Aging (Vieillir en bonne santé). Il est également apparu dans trois vidéos diffusées sur PBS : Spontaneous Healing, Eight Weeks to Optimum Health et Healthy Aging. Le Dr Weil est actuellement directeur du programme de médecine intégrative du collège de médecine de l'université d'Arizona. Il est également appointé comme professeur de médecine clinique, professeur de santé publique et est titulaire de la chaire Lovell-Jones de rhumatologie intégrative. Le Dr Weil est fréquemment invité des shows télévisés Larry King Live, Oprah ou The Today Show. Il est rédacteur en chef de DrWeil.com et publie une newsletter très populaire appelée Self Healing (Auto guérison). Pour en savoir plus, visitez le site du Dr Weil (www.drweil.com).

Le Dr Weil habite près de Tucson, en Arizona. Je l'ai interviewé le 8 mars 2006 ; il m'a paru particulièrement intéressé par les relations entre la conscience et la santé. Nous avons parlé de certaines des plus importantes leçons qui ne sont pas enseignées dans les écoles de médecine, parce qu'il est important pour la médecine conventionnelle occidentale d'avoir moins de préjugés sur les traitements de la médecine alternative et sur la façon dont l'esprit et la spiritualité affectent la santé.

David : Qu'est-ce qui est à l'origine de votre intérêt pour la médecine ?

Dr Weil : Mon père voulait aller dans une école de médecine mais il n'a pas pu terminer le collège. C'était pendant la grande dépression. Un médecin de famille m'a influencé dans cette direction. J'étais intéressé par les sciences et la biologie et, en fait, je suis allé à l'école de médecine à défaut d'autre chose parce que je ne savais vraiment pas ce que je voulais faire. J'avais le sentiment qu'un diplôme de médecine me serait utile et voulais une formation médicale. Mais, je ne me suis réellement jamais vu médecin.

David : De quelle façon vos premières études de botanique et l'utilisation médicale des plantes en Amérique du sud ont-elles affecté votre vision de la médecine ?

Dr Weil : Cela a eu une énorme influence. Je pense que c'est l'un des plus heureux choix que j'ai jamais fait. Cela m'a réellement donné des bases en sciences naturelles et m'a connecté avec le monde végétal. Cela m'a fait m'intéresser à l'ethnobotanique et à l'utilisation des plantes dans d'autres cultures, et m'a mis en contact avec la culture amérindienne dans le nord et le sud de l'Amérique. Cela m'a donné une perspective sur les médicaments que personne d'autre à l'école médicale de Harvard ne doit avoir et qui est réellement à l'origine d'une carrière intéressante dans les plantes médicinales. Cela a eu une influence majeure sur ma façon de penser et de pratiquer la médecine.

David : Quels sont les plus importants problèmes dans la médecine moderne et qu'est-ce qui doit être fait pour aider à corriger la situation ?

Dr Weil : Je pense qu'elle est trop dépendante de la technologie. Je pense qu'elle est excessivement dépendante de puissants médicaments pharmaceutiques sans être consciente de leur potentiel de nuisance. Elle est très efficace dans de nombreux domaines mais je pense aussi qu'elle est très inefficace dans de larges catégories de maladies qui affectent les gens. Elle fait un très mauvais travail en matière de prévention, elle néglige ou minimise la capacité du corps à guérir, ce qui a été un thème majeur de mon travail et de mes livres, et je pense qu'elle s'est vraiment séparée du monde naturel.

David : Quelles sont quelques-unes des plus importantes leçons sur la santé qui ne sont pas actuellement enseignées dans les écoles de médecine ?

Dr Weil : Je pense que la principale d'entre elles est que l'organise a un énorme potentiel d'autorégulation et de guérison, et que c'est par cela qu'une bonne médecine doit commencer. Vous voulez arriver à comprendre comment faire pour que cela se produise ou éliminer les obstacles qui s'y opposent. Je pense que les médecins ne sont généralement pas formés dans tout le domaine de la médecine de style de vie : comment s'alimenter, faire de l'exercice, l'état mental, les habitudes qui affectent la santé. Je pense qu'ils ne sont réellement pas formés sur les interactions entre l'esprit et le corps, et sur la dimension spirituelle de la santé de l'homme. Il y a presque une complète absence de formation à la nutrition, sur l'utilisation des suppléments nutritionnels, sur l'usage des plantes et sur beaucoup de ces autres systèmes de médecine, comme l'ayurvédique ou la médecine chinoise, qui sont vieux de milliers d'années et très efficaces dans de nombreux domaines. Donc, il y a de vastes zones d'omissions dans la formation médicale conventionnelle.

David : Pourquoi pensez-vous qu'il est important pour la médecine occidentale d'avoir moins de préjugés sur les traitements de la médecine alternative ?

Dr Weil : Avant tout, un très grand nombre de patients utilisent ces systèmes et les médecins devraient savoir ce que font leurs patients - ne serait-ce que parce qu'ils peuvent interagir ou avoir un impact sur les traitements conventionnels qu'ils prescrivent. Deuxièmement, il y a un grand nombre d'idées et de traitements dans le monde de la médecine alternative qui sont réellement très utiles, qui peuvent compléter ces déficiences dans la médecine conventionnelle. Rien que cela, c'est je pense une raison pour les médecins d'être au moins informés que ces autres systèmes et méthodes existent.

David : Pouvez-vous parler un peu de la médecine intégrative et dire pourquoi vous pensez qu'elle est importante ?

Dr Weil : Je pense que la médecine intégrative est la voie du futur. Cela se comprend. C'est ce que les patients veulent de façon incroyable. C'est ce que les médecins veulent pratiquer. Et je pense que son véritable potentiel - ce qui va en faire un phénomène dominant -, c'est qu'elle a le potentiel de diminuer les coûts de santé en apportant des traitements moins chers dans le courant, tout en préservant les résultats, voire en les améliorant.

David : Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire par « système de guérison » de l'organisme ?

Dr Weil : C'est évident si vous regardez de quelle façon des plaies guérissent à la surface du corps. Celui-ci a la capacité de diagnostiquer des problèmes, de les réparer et de régénérer. Cela existe à chaque niveau de l'organisme et il semble qu'une bonne médecine devrait commencer avec ce principe que l'organisme a la capacité de se guérir lui-même et veut revenir à un état de bonne santé. Et votre travail, comme praticien extérieur, est de faciliter ce processus. Ainsi, vous n'allez pas donner un remède. Vous allez percuter, éliminer les obstacles, permettant au pouvoir naturel de guérison de travailler.

David : Quels sont les plus importants suppléments nutritionnels que l'on devrait prendre ?

Dr Weil : Je pense que tout le monde devrait prendre un bon supplément de multivitamines et multiminéraux. J'ai exposé les raisons pour lesquelles le gouvernement devrait en fournir un gratuitement à tous les enfants des écoles. Cela ferait beaucoup pour aider à corriger les déficiences en micronutriments qui sont particulièrement fréquentes chez les populations pauvres. Cela pourrait améliorer les performances scolaires et apporter beaucoup de bénéfices. Les gens ont besoin de savoir comment lire une étiquette sur une boîte de multivitamines pour être sûrs d'en avoir pour leur argent. J'ai donné ces conseils dans mon livre Healthy Aging et ils sont également sur mon site internet. Il y a un certain nombre de choses assez simples que vous devez regarder sur une étiquette pour savoir si c'est ou non un bon produit. La qualité des vitamines est extrêmement variable et pas forcément en corrélation avec le prix. Et il y a un grand nombre de produits mal faits.

David : Quelles recommandations faites-vous à quelqu'un cherchant à améliorer sa mémoire et ses performances cognitives ?

Dr Weil : Avant tout, il faut utiliser des antioxydants, éviter de fumer et regarder certains produits naturels qui peuvent être utiles dans ce cas. Il y a un supplément nutritionnel appelé phosphatidylsérine (PS) qui semble utile pour la mémoire. Comme l'a démontré Bruce Ames à Berkeley, la combinaison d'acétyl-L-carnitine et d'acide R-alpha-lipoïque semble utile. Le Ginkgo biloba pourrait l'être aussi. Mais le conseil majeur que je pourrais donner aux gens est que la formation semble être très protectrice. Plus vous avez de formation, meilleure est votre mémoire et meilleure elle reste lorsque vous vieillissez. Certains types de formation sont particulièrement utiles, comme apprendre une autre langue. Je conseille vivement aux gens de faire l'effort d'apprendre une autre langue. Vous n'avez pas besoin de la maîtriser. C'est juste le fait d'essayer d'apprendre qui semble très utile. Et il y a une autre chose : c'est comme si un grand nombre de maladies neurodégénératives débutaient comme un processus inflammatoire. Donc, suivez un régime anti-inflammatoire et utilisez des produits naturels ayant un effet anti-inflammatoire. Le curcuma semble en particulier un puissant protecteur de la mémoire.

David : Quelles recommandations feriez-vous à quelqu'un cherchant à améliorer ses performances sexuelles ?

Dr Weil : Avant tout, il doit analyser le problème et évaluer s'il y a un problème physique qui interfère ou si c'est psychologique. Je dirai qu'il faut demander l'aide d'un expert de ce domaine. Je pense que, pour l'homme, le Viagra® et les produits apparentés sont certainement meilleurs que tout ce qui a jamais été disponible auparavant. Il y a un certain nombre de produits naturels comme le ginseng indien, une plante indienne appelée ashwagandha, une plante de Mongolie appelée Rhodiola ou racine arctique. Tous ont la réputation d'être des stimulants sexuels, plus particulièrement pour les hommes. Pour les femmes, je pense que la meilleure chose que nous ayons est une faible dose de testostérone ; cela demande à être donné sur prescription médicale avec un diagnostic minutieux, mais elle peut être très utile.

David : Quelles sont les vertus du vieillissement et pourquoi pensez-vous qu'il est important d'en accepter le processus ?

Dr Weil : Je pense qu'il est important parce qu'il est inévitable et qu'il n'existe rien que nous puissions faire, en dépit de ce que les gens de l'antivieillissement ont dit. C'est un processus inévitable universel. Donc, il est important de « faire avec » et de l'accepter. Je pense aussi que si le vieillissement apporte des difficultés et des problèmes, certaines choses vont mieux lorsque vous prenez de l'âge. Vous accumulez de la sagesse, vous développez davantage d'autorité. Certains aspects du fonctionnement mental vont mieux, comme les modèles de reconnaissance. Je pense que dans les cultures où le vieillissement est valorisé et pas dévalué comme ici, les personnes âgées semblent différentes. Et les gens lèvent les yeux vers eux pour cette raison.

David : Quelles sont les premières causes du vieillissement ?

Dr Weil : Au bout du compte, je pense que c'est la seconde loi de la thermodynamique, qui augmente le désordre dans le système, c'est juste la loi de l'univers. Au niveau cellulaire, cela veut dire l'accumulation d'erreurs dans le code de l'ADN. On peut regarder la vie des êtres vivants comme une lutte perpétuelle entre le stress oxydant et les défenses antioxydantes. La principale source de stress oxydant est le métabolisme normal et, finalement, le stress oxydatif gagne parce que le désordre augmente. Vous pouvez regarder à différents niveaux comment se produit le vieillissement. Vous pouvez regarder les lésions sur l'ADN, les lésions sur les membranes cellulaires et les lésions oxydatives, mais la cause originelle est que c'est une loi de l'univers.

David : Quelles sont les meilleures voies pour ralentir le processus de vieillissement et vieillir avec plus de grâce et une meilleure santé ?

Dr Weil : Mon objectif n'est pas de ralentir le processus de vieillissement. Il est de réduire le risque de maladies liées au vieillissement et de retarder leur début. Je ne pense pas qu'il soit indispensable de devenir malade lorsque l'on vieillit. Une des choses qui m'inquiète dans le mouvement antivieillissement est que si vous êtes obsédé par le fait de ralentir ou d'inverser le processus de vieillissement, vous êtes distrait de cet autre objectif qui est le plus important. Et le faire équivaut à s'occuper de tous les aspects du style de vie. Cela veut dire apprendre les principes d'une bonne alimentation, d'une bonne activité physique, des façons de neutraliser le stress, d'utiliser des produits naturels pour renforcer la santé et savoir ce que vous pouvez faire au niveau mental pour protéger votre mémoire et d'autres fonctions mentales. C'est donc travailler sur tous les aspects du style de vie. Je pense que nous avons beaucoup d'informations sur la façon dont nous pouvons réduire le risque de maladies liées au vieillissement.

David : Quel rôle l'esprit et la conscience jouent-ils dans la santé du corps ?

Dr Weil : Il est énorme. C'est un domaine auquel je me suis intéressé, je pense, depuis mon adolescence, bien longtemps avant que j'aille à l'école de médecine. Beaucoup de mes premiers travaux portaient sur les états altérés de conscience et les drogues psychoactives. J'ai rapporté beaucoup de choses que j'ai vues sur la façon dont la physiologie change radicalement avec les modifications de la conscience. Je viens de revoir un papier du Japon. L'un des auteurs est un médecin que je connais. C'est un groupe de gens qui regardent de quelle façon les stades émotionnels affectent le génome. Ils ont montré, par exemple, que le rire peut en fait affecter l'expression de gènes chez des patients avec un diabète de type II. C'est un truc vraiment intéressant, je pense que c'est le type de recherches que l'on ne pratique généralement pas. Je pense que nos états mentaux, nos états de conscience ont une profonde influence sur nos corps et même sur nos gènes et qu'ils jouent un rôle important dans notre manière de vieillir.

David : Quel rôle joue la spiritualité dans la santé ?

Dr Weil : Grand, je pense. Mais il est difficile de définir la spiritualité. Je fais vraiment une distinction entre la religion et la spiritualité. La religion, ce sont vraiment des institutions et la spiritualité c'est, pour moi, ce qui est immatériel et comment l'évaluer et l'incorporer à la vie. Dans Eight Weeks to Optimum Health, je fais de nombreuses suggestions sur les choses que l'on doit faire chaque semaine pour améliorer ou augmenter l'énergie spirituelle. Il y a des choses qu'au début beaucoup de gens n'associeraient pas à la spiritualité. Mais il y a des recommandations, comme avoir des fleurs fraîches dans l'espace de vie ou écouter des morceaux de musique, qui élèvent l'humeur. Certaines autres suggestions incluent de passer davantage de temps avec les gens en compagnie desquels vous vous sentez plus optimiste et mieux, et de passer du temps dans la nature. Je pense que je mettrais toutes ces choses dans le domaine de la santé spirituelle.

David : Lorsque j'ai interviewé Larry Dossey, il m'a parlé de recherches qui montraient des preuves d'effets bénéfiques pour la santé de la guérison à distance. Que pensez-vous de ces études sur la guérison à distance, qui montrent des bénéfices pour la santé induits par la prière ?

Dr Weil : Je ne sais pas quoi en faire. Je pense que c'est réellement un truc frontière, un truc marginal, et je suis bien sûr ouvert à ces possibilités. Je veux bien croire à quelque chose, mais pour cela j'ai vraiment besoin de voir des preuves. Et je pense que les preuves qui ont été collectées pour ces effets, au moins dans les expériences dans lesquelles les gens ne savaient pas que ces interventions étaient faites, devront être vraiment solides, car c'est un tel défi au modèle conventionnel. Je n'ai pas de préjugé mais je ne suis pas convaincu pour le moment.

David : De quelle façon les substances psychédéliques ont-elles affecté votre perspective de la médecine et quelle sorte de potentiel thérapeutique pensez-vous qu'elles ont ? 

Dr Weil : Je pense qu'elles ont eu une profonde influence. Je les ai beaucoup utilisées lorsque j'étais plus jeune. Elles m'ont rendu beaucoup plus conscient, avant tout, de la profonde influence de la conscience sur la santé. J'ai publié et décrit une expérience que j'ai eue et qui a été très dramatique, cela a été saisi par certains réseaux qui l'ont diffusée. C'est ce qui m'a guéri à vie d'une allergie au chat. Lorsqu'un chat me touchait, j'avais de l'urticaire. Si un chat me donnait un coup de langue, j'avais de l'urticaire et mes yeux gonflaient. Aussi, je devais toujours les éviter.
Ensuite, un jour, alors que j'avais 28 ans, j'ai pris des psychédéliques avec quelques amis. C'était un jour parfait. J'étais dans un état d'esprit merveilleux, me sentais totalement détendu et en accord avec toute chose, et un chat a sauté sur mes genoux. Ma réaction immédiate a été défensive et, ensuite, immédiatement, j'ai pensé : « Eh bien, je suis dans cet état, pourquoi ne pas essayer de caresser le chat ? » Donc, j'ai caressé le chat et je n'ai pas eu de réaction allergique. J'ai passé beaucoup de temps avec lui et depuis, je n'ai plus jamais eu de réaction allergique à un chat.
Pour moi, c'est un exemple du potentiel de ces substances psychédéliques. Si elles étaient légalement disponibles, je pense que je les aurais utilisées comme outil pédagogique pour montrer aux gens que vous pouvez changer les modes d'action de maladies chroniques, parce que même si vous n'êtes pas guéri d'une maladie, la substance psychédélique pourrait vous montrer que c'est possible. Une autre expérience sur laquelle j'ai écrit au sujet des substances psychédéliques s'est produite lorsque j'ai appris le yoga et que j'avais beaucoup de difficultés avec certaines postures. Celle avec laquelle j'avais le plus de problème était « la charrue », dans laquelle vous vous couchez sur le dos et essayez de toucher vos pieds derrière votre tête. J'avais travaillé pendant des semaines sans progresser. Je m'étais fait mal. J'étais sur le point d'abandonner, pensant juste que j'étais trop vieux (j'avais 38 ans), que mon corps était trop raide.
À nouveau, une expérience avec avec une substance psychédélique dans laquelle je me suis senti complètement heureux et élastique, me montra autrement. J'ai remarqué que mon corps se sentait très libre. J'ai alors essayé cette posture, j'ai réussi et c'était tout simplement merveilleux. Le jour suivant, lorsque j'ai essayé de le refaire, je me suis fait mal au nez. Mais c'était différent. Je savais maintenant que c'était possible et je pense que c'est un modèle de la façon dont les drogues peuvent agir.
Les substances psychédéliques peuvent vous montrer des possibilités. Elles ne vous donnent pas d'information sur la façon d'entretenir les expériences et si vous essayez de vous reposer sur cette substance psychédélique pour l'expérience, au bout d'un temps, elle cesse d'agir. Mais dans ce cas, juste d'avoir vu que c'était faisable m'a motivé pour continuer à travailler et en quelques semaines j'étais capable de le faire. Je ne pense pas que j'aurais continué si je n'avais pas vu que c'était faisable. Je pense qu'elles sont potentiellement de formidables outils pédagogiques sur les interactions corps/esprit et les états de conscience.

David : Quels nouveaux traitements médicaux pensez-vous qui arriveront dans le futur ?

Dr Weil : Avant tout, il y a tous les traitements de pointe qui sont importants. Ce sont de fabuleuses possibilités. Maintenant, vont-ils ou non devenir une réalité pratique, je ne sais pas. Je dirais que la médecine génomique est un domaine énorme - la possibilité d'être capable d'individualiser le traitement des patients incluant le traitement pharmaceutique du médicament. Juste comme exemple, il y a un grand nombre de controverses maintenant à propos du soja et de sa capacité à protéger du cancer du sein. Une partie semble être liée à la façon dont les femmes métabolisent le soja. Certaines sont capables de métaboliser l'un des phytoœstrogènes du soja en un composant protecteur et d'autres non. Si vous pouvez identifier ces femmes qui peuvent le faire, alors ce sont celles que vous voudriez voir manger régulièrement du soja. Les autres ne le devraient pas.
Avec les cigarettes, il y a beaucoup de gens, particulièrement les Asiatiques, qui peuvent fumer toute leur vie comme des cheminées sans avoir d'augmentation du risque de cancer du poumon. Ils ont des systèmes enzymatiques différents. Ce serait bien d'identifier ce groupe et, ensuite, il y aurait certaines personnes à qui vous diriez : « Vous ne devrez jamais fumer parce que vous êtes à haut risque. » Et à d'autres personnes vous pourriez dire : « Si vous voulez le faire, faites-le, bien que vous puissiez être à risque pour d'autres problèmes causés par la cigarette. » Et de même avec la façon dont les gens répondent aux médicaments pharmaceutiques et aux traitements chirurgicaux. Je pense qu'il y a cette promesse à l'horizon de la médecine personnalisée basée sur la composition génétique des gens. Actuellement, c'est une promesse. Nous n'avons pas les techniques pratiques pour le faire. L'autre question est que certaines de ces nouvelles techniques pourraient être trop coûteuses pour être délivrées à tous et que ce soit une médecine de riches. Mais je pense qu'il y a de nombreuses choses de ce type à l'horizon qui semblent formidables.

David : Quel est votre point de vue sur l'euthanasie ?

Dr Weil : Je pense qu'il est important, au moins, que cela soit arrivé au niveau d'une discussion publique. Il ne me semble pas approprié que les médecins soient impliqués, bien que je pense que les patients doivent pouvoir en discuter avec eux. Les gens avec des maladies écrasantes, pour lesquels la vie est devenue réellement difficile, devraient avoir le choix et des mécanismes devraient être mis en place pour les y aider. L'expérience aux Pays-Bas est très positive. J'aimerais une société où cela soit possible.

David : Sur quoi êtes-vous en train de travailler ?

Dr Weil : Je ne suis pas intéressé pour un moment à entreprendre un nouveau livre. Mon principal objectif est de développer les enseignements pour le programme de médecine intégrative qui finalement, je l'espère, sera dans toutes les écoles de médecine, et d'augmenter le nombre de médecin que nous aurons diplômés. Nous en avons actuellement plus de 300. Mon objectif est en fait d'avoir une nouvelle génération de médecins et d'infirmier praticiens qui l'obtiennent et aient ce type de connaissances qui a été omis dans la formation médicale. C'est mon principal objectif. J'aimerais travailler davantage pour la radio et la télévision et écrire quelque chose pour les enfants. J'aimerais beaucoup essayer d'avoir un effet sur la politique de santé publique, plus spécifiquement sur la nutrition, et je cherche des moyens de réformer le système de santé. Tout cela. Et avoir plus de temps de loisir pour moi est aussi important dans mon agenda.

Weil Andrew, MD
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